Etre une Arlésienne PDF Imprimer Envoyer

 

A la fin du 19e siècle, des membres du "Félibrige" (Organisation régionaliste provençale créée par Frédéric MISTRAL) produisent et promulguent des images idéalisées des femmes d'Arles. Ils créèrent et favorisèrent des représentations d'Arlésiennes qui se conformaient à leurs propres buts et idéaux.

Ils décrivaient une vraie fille de Provence, en inisistant sur la beauté et l'harmonie de son costume encore porté à cette époque. Ainsi fut le début du rayonnement de ce costume traditionnel et emblématique.

Mais parler du costume d'une arlésienne, c'est parler de la Femme : le costume façonne et définit la femme, la femme anime le vêtement.

Malgré la lourde insistance des Félibres disant aux jeunes filles "continuez à porter le costume de vos mères", la plupart adoptèrent la mode fixée par Paris. Quelques unes se conformèrent aux idéaux félibréens ... volonté paternelle et obéissance aux choix de la famille ?

Pour celles qui ont "pris la coiffe", on peut penser que certaines ne l'ont pas fait de bon coeur et leur mari les ont vite déliées du serment.. imprudent... car on sait bien que la jeunesse veut toujours aller de l'avant et l'évolution de la vie fonctionne avec les changements, vestimentaires compris...

Par contre celles qui ont tenu l'engagement de porter le costume "toute leur vie", l'ont fait avec conviction. Se servant de leur goût de la parure, de leur désir de plaire, de leur élégance, elles ont formé une petite communauté soucieuse d'être "bien habillée" et de "bien porter" le costume. C'est un magnifique patrimoine qu'elles nous ont légué, fait de passion, de connaissances, et sans doute elles revendiquaient une idendité en s'affichant "coiffées" en arlésienne.

Ainsi vêtues pour le quotidien et selon les circonstances, elles ont transmis, sans ostention, l'art d'être Arlésienne qui implique des attitudes, des sensations différentes de soi même et une transformation visible du corps dans le fait de se tenir très droite, et dans la pratique du "lever de menton", qui donne ce port de tête superbe.

Elles nous ont appris qu'un costume se prépare bien à l'avance, le choix du textile, sa couleur, tout se prévoit afin de trouver une harmonie dans laquelle le bon goût assurera la finesse et l'élégance agrémentées de bonnes manières.

Merci à toutes celles qui, à contre courant de leur mode et de leur temps, nous ont appris à les observer au travers des photographies de famille, à retrouver les gestes qui assurent un ajustement tout en plissés et en cousu. Elles nous ont laissé un merveilleux héritage et à ce titre nous nous devons de le transmettre. Costume devenu festif mais costume porté avec le coeur et avec le souci d'être au plus proche de ce qu'elles ont voulu nous laisser.